Le scoutisme

Le scoutisme a souvent mauvaise presse. Il est considéré au mieux comme une activité réservée aux enfants de milieux favorisés, au pire comme un groupement paramilitaire. Considérer ses origines et ses principes permet de percevoir l’originalité de son projet pédagogique.

Au départ, une initiative militaire

La naissance du scoutisme est liée à un officier britannique, Robert Baden-Powell. Au sein de l’armée coloniale britannique, celui-ci était spécialisé dans les missions d’observation de l’ennemi, mettant notamment en œuvre des techniques de survie. Lors du siège en 1899 de la ville de Makefing, épisode de la guerre des Boers, il fit appel à des enfants comme observateurs et éclaireurs. Leur aide fut précieuse et contribua à la victoire. Baden-Powell connut alors en Angleterre une forte popularité. Il diffusa ses idées dans un fascicule destiné aux militaires intitulé Aids to Scouting.

Une pédagogie pour les enfants des milieux populaires

Rapidement des pasteurs anglicans et des éducateurs l’utilisèrent et y virent un moyen d’occuper les jeunes désœuvrés des banlieues ouvrières. Baden-Powell organisa en 1907 le premier camp scout, sur l’île de Brownsea, près de l’île de Wight, au sud de l’Angleterre. Il renouvela rapidement l’expérience et suscita de nombreux émules. S’inspirant de divers ouvrages de pédagogie, il mit par écrit les principes pédagogiques du scoutisme – Scouting for Boys.

Une pédagogie innovante

La pédagogie du scoutisme est inspirée pour partie par Le livre de la jungle, publié par Kipling en 1894. En rupture avec une instruction trop intellectuelle, Baden-Powell entendait former les caractères et développer l’habileté manuelle, pour apprendre aux jeunes à se débrouiller en toute situation. Contre l’individualisme et la recherche du profit, il mettait en avant le sens du service. Contestant le matérialisme et l’hédonisme, il ne négligeait pas la dimension spirituelle de l’individu. Ainsi fut mis en place un système d’éducation par le jeu et par l’action, dans la nature. Les enfants étaient réunis dans une équipe, sous la responsabilité d’un aîné.

Le mouvement connut un succès important en Angleterre, dans l’Empire colonial britannique et dans de nombreux pays. Les principes initiaux furent adaptés selon les cultures nationales. La dimension religieuse fut plus ou moins importante selon les associations. En 1911 furent créés les Éclaireurs de France (mouvement non confessionnel), puis les Éclaireurs unionistes de France (d’inspiration protestante). En 1920, fut fondé le mouvement catholique : les Scouts de France. Une abondante littérature de jeunesse s’inspira des aventures de jeunes scouts.

Des critiques récurrentes

L’existence d’une loi scoute, le goût de rituels collectifs – la promesse, le rassemblement -, et le port d’un uniforme avec de nombreux insignes et badges, suscitèrent parfois une forte méfiance. La confiance accordée aux jeunes fut interprétée comme le fait de laisser des enfants à eux-mêmes. A l’opposé, l’esprit de 1968 dénonça une méthode de moralisation et d’embrigadement de la jeunesse.

Jérôme Grévy

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